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Guide — Comprendre

Banque en ligne ou néobanque : quelles différences

Agrément, garantie des dépôts, gamme de produits, tarifs : ce qui sépare vraiment une banque en ligne d'une néobanque, et laquelle choisir.

Les deux termes sont utilisés comme synonymes par la plupart des sites, y compris par les acteurs eux-mêmes. Ils recouvrent pourtant des réalités juridiques et commerciales distinctes, et cette distinction a des conséquences concrètes : sur la protection de votre argent, sur les produits accessibles, et sur ce que vous pouvez faire ou non avec votre compte.

La définition qui compte : l’agrément, pas l’interface

Ni « banque en ligne » ni « néobanque » ne sont des catégories réglementaires. Aucune loi ne les définit. Ce qui existe en droit, ce sont trois agréments distincts.

L’établissement de crédit est une banque de plein exercice. Il peut collecter des dépôts, prêter, distribuer du crédit immobilier et de la consommation. Il cotise au Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR), qui couvre 100 000 € par déposant.

L’établissement de paiement et l’établissement de monnaie électronique sont agréés et supervisés par l’ACPR, mais ne peuvent ni collecter de dépôts au sens bancaire, ni prêter votre argent. Ils ne cotisent pas au FGDR : les fonds des clients sont cantonnés sur un compte séparé, ouvert chez une banque tierce.

Dans l’usage courant, « banque en ligne » désigne une banque de plein exercice sans agences, généralement filiale d’un grand groupe français. « Néobanque » désigne un acteur né mobile, souvent plus récent, et dont le statut peut être bancaire ou non.

Le classement réel des acteurs du marché français est donc le suivant.

Banques en ligne françaises — établissements de crédit, FGDR

BoursoBank (Société Générale), Fortuneo (Crédit Mutuel Arkéa), Hello bank! (BNP Paribas), Monabanq (Crédit Mutuel Alliance Fédérale), BforBank (Crédit Agricole).

Néobanques titulaires d’une licence bancaire européenne

Revolut, licence lituanienne sous supervision de la BCE. N26, licence allemande délivrée par la BaFin en 2016. bunq, licence néerlandaise délivrée par De Nederlandsche Bank en 2014. Ce sont de vraies banques, mais le fonds de garantie mobilisé est celui de leur pays d’origine, pas le FGDR.

Néobanques sans licence bancaire

Nickel, établissement de paiement agréé en France, filiale de BNP Paribas. Qonto, établissement de paiement. Sumeria, établissement de monnaie électronique (Lydia Solutions). helios, agent prestataire de services de paiement pour OKALI. Green-Got, établissement de paiement agréé depuis janvier 2026. Aucun de ces acteurs ne relève de la garantie des dépôts. Notre guide sur la garantie des dépôts détaille ce que le cantonnement protège et ce qu’il ne protège pas.

Ce que la gamme de produits révèle

Le statut se lit directement dans le catalogue. Un établissement qui ne peut pas prêter ne propose pas de crédit ; un établissement non français ne distribue pas d’épargne réglementée.

Banques en ligne françaises Néobanques européennes Établissements de paiement
Livret A, LDDS Oui Non Non
Assurance-vie Oui Non helios et Green-Got via courtage
PEA Oui (sauf BforBank pour les nouveaux clients) N26 depuis fin 2025 Non
Bourse / compte-titres Oui (sauf BforBank) Revolut, N26, bunq Non
Crédit immobilier Oui (BforBank a suspendu) Non Non
Crédit à la consommation Oui Revolut, N26 Sumeria
Chéquier Oui (sauf BforBank, et Monabanq Pratiq) Non Non
Découvert autorisé Oui (sauf BforBank) Variable Non

Deux nuances importantes.

Le clivage s’estompe par le haut. N26 a lancé un PEA fin 2025 et donne accès à plus de 5 000 actions et ETF dès 1 €, avec une épargne rémunérée de 0,25 % sur le plan Standard à 1,50 % sur Metal. Revolut propose bourse, crypto et crédit à la consommation. bunq verse les intérêts de son épargne chaque semaine. Sumeria a fait du compte courant rémunéré son argument central — même si le taux a fondu, de 4 % au lancement à 2 %, puis 1 % brut au 1er février 2026.

Le clivage se creuse par le bas. BforBank est une banque de plein exercice qui a réduit sa gamme : plus de PEA, PEA-PME ni compte-titres pour les nouveaux clients depuis septembre 2023, crédit immobilier suspendu à la commercialisation, ni compte joint, ni chèques, ni découvert autorisé. Sur le catalogue, elle est aujourd’hui plus proche d’une néobanque que de BoursoBank ou Fortuneo — tout en conservant la garantie FGDR.

Autrement dit : ne déduisez pas la gamme du statut, ni le statut de la gamme. Vérifiez les deux.

Les tarifs : deux modèles opposés

Les banques en ligne françaises et les néobanques ne facturent pas les mêmes choses.

Le modèle des banques en ligne repose sur la gratuité de la carte et du compte, financée par la relation globale : épargne, crédit, assurance. BoursoBank propose deux cartes gratuites sans condition de revenus, Welcome et Ultim à débit immédiat, avec 0 € de tenue de compte, 0 € de commission d’intervention et des virements SEPA gratuits en ligne. Fortuneo fait de même avec la Fosfo. La contrepartie est ailleurs : conditions de revenus sur les cartes supérieures — 2 200 € nets pour la Gold de Fortuneo, 2 400 € pour le débit différé sur Ultim — et frais d’inactivité si vous n’utilisez pas la carte.

Le modèle des néobanques repose sur l’abonnement par paliers. Revolut décline Standard à 0 €, Plus à 3,99 €, Premium à 10,99 €, Metal à 18,99 € et Ultra à 60 €/mois — les trois derniers ayant été relevés le 9 juillet 2026. N26 va de Standard à 0 € à Metal à 16,90 €/mois. bunq de Free à Elite à 18,99 €/mois. Le plan gratuit est volontairement limité par des quotas : chez Revolut en Standard, 200 € de retraits et 1 000 € de change par mois ; chez N26 Standard, 2 retraits gratuits par mois.

Deux exceptions notables. Nickel applique un forfait annuel fixe — 25 €, 55 € ou 105 € selon l’offre — sans découvert ni chéquier, donc sans aucun frais d’incident possible. Monabanq est la seule banque en ligne à assumer l’absence totale d’offre gratuite, à partir de 2 €/mois, sans aucune condition de revenus sur toute la gamme.

Le détail de ces mécanismes figure dans notre guide des frais bancaires cachés.

Là où les néobanques gagnent

Le change et les paiements en devises. N26 ne facture aucun frais de change sur les paiements par carte, sur tous ses plans, au taux Mastercard et sans majoration le week-end. Revolut applique le taux interbancaire jusqu’au plafond mensuel de son plan. Green-Got propose des paiements en devises gratuits et illimités dans le monde entier. Voir le guide des frais bancaires à l’étranger.

L’application. Les notes iOS relevées placent Green-Got à 4,9/5, Revolut et N26 à 4,8/5, Nickel à 4,7/5 sur plus de 250 000 avis — au niveau ou au-dessus de BoursoBank (4,8/5) et devant Fortuneo (4,5/5) ou BforBank (4,2/5).

L’accessibilité. Nickel ouvre un compte en cinq minutes chez un buraliste, sans condition de revenus, de dépôt ni d’historique bancaire, y compris pour une personne en interdit bancaire. Aucune banque en ligne ne propose l’équivalent, et son réseau de 8 500 points de vente en fait aussi le mieux équipé pour les espèces.

La flexibilité multi-devises et multi-IBAN. bunq permet de choisir son IBAN parmi six pays européens dès les plans d’entrée et gère de nombreuses devises. C’est une réponse spécifique aux expatriés et aux travailleurs mobiles, traitée dans le classement banque en ligne pour expatrié.

Là où les banques en ligne gagnent

Le crédit immobilier. Aucune néobanque ne prête sur le long terme en France. Si vous prévoyez un achat, seule une banque en ligne de plein exercice peut vous financer — sujet développé dans notre guide sur le crédit immobilier en banque en ligne.

L’épargne réglementée et la fiscalité française. Livret A, LDDS, LEP, assurance-vie, PEA : ces enveloppes supposent un établissement français. Hello bank! propose Livret A, LDDS, LEP, assurance-vie, PEA, PEA-PME et compte-titres.

Les espèces et les chèques. Hello bank! donne accès aux agences BNP Paribas, Monabanq à environ 4 200 agences CIC et Crédit Mutuel. Chez helios et Green-Got, l’alimentation se fait uniquement par virement : ni espèces, ni chèques.

La stabilité. Le marché s’est consolidé. Orange Bank s’est retirée, 105 000 clients rejoignant Hello bank!. Ma French Bank a fermé en juillet 2025, 188 000 clients étant repris par La Banque Postale. OnlyOne a été liquidée en février 2025, faute d’avoir atteint sa taille critique. Sur cette période, les banques adossées à un grand groupe ont toutes tenu.

Comment choisir, concrètement

Compte principal avec projets patrimoniaux. Une banque en ligne. BoursoBank pour la polyvalence, Fortuneo si vous investissez en bourse ou voyagez. Voir le classement des meilleures banques en ligne.

Compte secondaire pour les voyages et le change. Une néobanque. N26 ou Revolut. Voir le classement des meilleures néobanques.

Les deux. C’est la combinaison la plus fréquente et la plus rationnelle : le socle chez un établissement couvert par le FGDR, la dépense en devises chez l’acteur le moins cher. Attention aux frais d’inactivité sur le compte le moins utilisé.

Compte accessible sans condition. Nickel, ou Monabanq si vous voulez une vraie banque sans condition de revenus.

Compte professionnel. Qonto, en gardant à l’esprit son statut d’établissement de paiement. Voir le classement des meilleurs comptes pro.

Pour comparer les deux familles poste par poste, utilisez le comparateur.

En résumé

  • « Banque en ligne » et « néobanque » ne sont pas des catégories juridiques : seul l’agrément compte — établissement de crédit, licence bancaire européenne, ou établissement de paiement.
  • Les cinq banques en ligne françaises du panel sont couvertes par le FGDR ; Revolut, N26 et bunq relèvent des fonds lituanien, allemand et néerlandais ; Nickel, Qonto, Sumeria, helios et Green-Got ne relèvent d’aucune garantie des dépôts.
  • Épargne réglementée, chéquier et crédit immobilier restent l’apanage des banques en ligne françaises ; BforBank fait exception en ayant réduit sa gamme depuis 2023.
  • Les néobanques gagnent sur le change, la qualité applicative et l’accessibilité, avec un modèle par abonnement dont le plan gratuit est limité par des quotas mensuels.
  • Combiner les deux est la solution la plus courante, à condition de surveiller les frais d’inactivité sur le compte le moins utilisé.

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