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Revolut augmente ses tarifs au 9 juillet 2026 : faut-il rester ?
Premium à 10,99 €, Metal à 18,99 €, Ultra à 60 € : Revolut relève ses prix pour la deuxième fois en un an. Analyse des alternatives selon votre usage réel.
Depuis le 9 juillet 2026, les plans payants de Revolut coûtent plus cher. Premium passe de 9,99 à 10,99 € par mois, Metal de 16,99 à 18,99 €, Ultra de 55 à 60 €. Les plans Standard et Plus, à 0 et 3,99 € par mois, ne bougent pas.
C’est la deuxième augmentation en un an. Sur l’offre Metal, la plus emblématique du catalogue, la hausse atteint 2 € par mois, soit 24 € sur l’année — près de 12 % d’un coup. Sur Ultra, l’augmentation représente 60 € annuels supplémentaires.
La question n’est pas de savoir si Revolut a le droit de relever ses prix : une néobanque qui vise la rentabilité doit bien la chercher quelque part, et nous avons vu ce qui arrive à celles qui n’y parviennent pas. La question est de savoir si votre plan reste le bon.
Ce que la structure de la hausse révèle
Regardez ce qui n’a pas augmenté. Standard reste gratuit, Plus reste à 3,99 €. Revolut protège la porte d’entrée de son entonnoir et fait payer le haut de gamme. C’est une décision cohérente avec sa trajectoire : la néobanque revendique 8 millions de clients en France en juillet 2026, contre 7 millions en avril, et n’a aucun intérêt à ralentir une acquisition qui fonctionne. En revanche, elle assume de monétiser les clients déjà installés, ceux qui ont un plan payant et qui, statistiquement, changent peu.
C’est le mécanisme classique de la tarification par inertie. Il repose sur un pari : la friction du changement est plus forte que l’irritation liée à 1 ou 2 € mensuels supplémentaires. Ce pari est généralement gagnant. Il ne l’est que si vous ne faites pas le calcul.
Faites le calcul : ce que vous payez pour quoi
Un plan payant chez Revolut se justifie essentiellement par trois choses : des plafonds de change plus élevés, des plafonds de retrait plus élevés, et un ensemble d’assurances et d’avantages annexes.
Commencez par le change, puisque c’est le cœur de la proposition. En Standard, les conversions se font au taux interbancaire sans marge jusqu’à 1 000 € par mois, puis 1 %. Passer à Premium à 10,99 € par mois, soit 131,88 € par an, pour éviter cette commission de 1 % suppose de convertir des sommes conséquentes. En ordre de grandeur : 1 % de commission sur 13 000 € de conversions annuelles au-delà du plafond, c’est 130 €. Si vous convertissez moins que cela hors quota gratuit, Premium vous coûte plus cher que la commission qu’il vous évite.
Deuxième poste, les retraits. En Standard, vous disposez de 5 retraits ou 200 € par mois glissant, au premier des deux seuils atteint, puis 2 % avec un minimum de 1 € par retrait. C’est un plafond réellement bas. Un utilisateur qui retire régulièrement des espèces le franchira tous les mois.
Troisième poste, les assurances et services. Ils ont une valeur, mais elle est souvent redondante avec ce que couvrent déjà une carte haut de gamme classique ou une assurance habitation. Vérifiez avant de payer deux fois — c’est l’un des mécanismes que nous décrivons dans notre guide sur les frais bancaires cachés.
Un dernier élément qui échappe à beaucoup : la majoration de change du week-end, de 0,5 % sur les devises majeures et jusqu’à 1 % sur les devises exotiques. Elle s’applique quel que soit votre plan. Payer 18,99 € par mois ne vous en exonère pas.
Les alternatives, selon votre usage réel
Si vous payez surtout en devises à l’étranger. Fortuneo offre les paiements et les retraits gratuits partout dans le monde, sur toutes ses cartes, sans plafond annoncé et sans majoration de week-end. La carte Fosfo est gratuite et sans condition de revenus. Face à un plan Metal à 18,99 € par mois — 227,88 € par an — l’écart est difficile à justifier pour un voyageur, sauf si vous tenez précisément aux services annexes de Revolut. Attention toutefois aux frais d’inactivité de Fortuneo, à partir de 3 €/mois sur la Fosfo sans paiement dans le mois.
Si vous voulez rester sur une néobanque mobile. N26 n’applique aucun frais de change sur les paiements par carte, sur tous ses plans, y compris le plan Standard gratuit, au taux Mastercard et sans majoration de week-end. Pour un profil « paiements en devises, peu de retraits », le plan gratuit de N26 fait mieux que le plan Standard de Revolut. Le plan Go, à 9,90 € par mois, ajoute les retraits hors zone euro gratuits et des assurances voyage : il se compare directement au Premium de Revolut à 10,99 €, pour un euro de moins.
Si vous êtes expatrié ou multi-résident. bunq permet de choisir son IBAN parmi six pays européens et gère de nombreuses devises. Son mécanisme ZeroFX exonère les paiements en devise dans la limite du plan — 1 000 € par an sur Free, illimité sur Elite à 18,99 € par mois — puis applique une marge de 0,50 %. Attention : la grille de bunq est la moins lisible du panel, ses conditions de retrait en distributeur sont contradictoires entre sa page officielle et les comparateurs français, et le virement SEPA instantané y serait facturé. À vérifier avant de souscrire.
Si vous cherchez à réduire la facture totale. La question devient celle du compte principal, pas du plan. BoursoBank propose deux cartes gratuites sans condition de revenus, des paiements hors zone euro gratuits et une gamme complète — Livret A, assurance-vie, PEA, crédit immobilier. Notre classement des banques en ligne gratuites recense les offres réellement sans cotisation.
Trois vérifications avant de trancher
D’abord, ouvrez votre relevé Revolut des douze derniers mois et additionnez ce que vous auriez payé en commissions sur le plan inférieur. C’est la seule façon honnête de savoir si votre plan est rentable. Beaucoup d’utilisateurs de Metal découvrent qu’ils auraient dépensé moins en Standard.
Ensuite, vérifiez si l’usage qui justifiait votre plan existe encore. Un plan souscrit lors d’une année de voyages intensifs n’a plus le même sens l’année où vous ne quittez pas la France.
Enfin, n’oubliez pas que rien n’oblige à choisir un seul compte. Le schéma le plus économique reste souvent une banque principale gratuite et complète, doublée d’un compte de voyage sur un plan gratuit. Notre guide pour choisir sa banque en ligne détaille cette architecture, et notre comparatif des banques en ligne permet de confronter les grilles tarifaires poste par poste.
Une dernière remarque de fond. Cette hausse s’inscrit dans un mouvement plus large : les néobanques qui ont conquis le marché avec des offres agressives arrivent à l’âge où il faut financer la rentabilité. Sumeria a ramené la rémunération de son compte courant de 4 % à 1 % brut et introduit des frais d’inactivité ; Revolut relève ses tarifs deux fois en un an. Ce n’est pas une coïncidence, c’est un cycle, que nous analysons dans notre article sur la fin de l’âge d’or du compte courant rémunéré.
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